Londres (AWP International) - L'or qui avait été la valeur-refuge des investisseurs et le rempart pour les autres métaux précieux à la vague de recul des matières premières, a finalement cédé aux inquiétudes du marché et à ses besoins de liquidités, tandis que l'effritement de la demande finit de l'entraîner très loin de ses records.
OR
Les cours de l'or se sont effondrés cette semaine, touchant même 682,41 dollars vendredi, un plus bas depuis septembre 2007. Depuis son record du 17 mars, à 1032,70 dollars l'once, l'or a perdu plus d'un tiers de sa valeur.
Alors que le précieux métal avait connu une ruée sans précédent en début d'année, la faiblesse du billet vert rendant moins chères les matières premières libellées en dollars, et alors que même en pleine crise, il avait encore surnagé au-dessus du marasme financier et profité à plein de son rôle de valeur-refuge, depuis deux semaines les cours semblent désormais suivre le même régime que les autres matières premières et font profil bas.
"L'or est revenu à sa corrélation inverse avec le dollar, emporté en outre par les ventes des fonds spéculatifs qui continuent d'assommer les cours des matières premières", a observé James Moore du London Bullion Desk, notant de larges mouvements de vente en vue d'obtenir des liquidités.
Le dollar s'échangeait à la hausse face à une majorité de devises cette semaine et a atteint vendredi un plus haut depuis un an à 1,2497 dollar pour un euro.
La demande semblait également faire défaut: "La saison des mariages en Inde n'a pas eu l'effet haussier escompté: la chute de la roupie a rendu le trousseau des jeunes filles hors de portée du pouvoir d'achat de leurs parents qui ont préféré ressortir leurs vieux bijoux plutôt que d'en acheter de nouveaux", notait de son côté John Reade de la banque UBS.
"Les familles indiennes possèdent 15'000 tonnes d'or dans leurs coffres, soit presque le double du butin de la Réserve fédérale américaine", indiquait John Reade.
"Mais ce n'est pas seulement la bijouterie indienne qui est en cause, c'est aussi les échanges sur la Bourse d'Istanbul ou encore la demande dans les autres pays asiatiques", soulignait l'analyste.
Selon les analystes, la chasse aux bonnes affaires pourrait soutenir les cours mais les besoins de liquidités risquent encore de pousser l'or vers de nouveaux plus bas.
Dans un contexte de craintes généralisées à tous les marchés, on ne pouvait pas exclure non plus un effet "bas de laine", les investisseurs restant sur leurs gardes dans l'attente d'une direction plus précise.
Sur le London Bullion Market, l'once d'or valait 712,50 dollars vendredi au fixing du soir, contre 784,50 dollars, vendredi dernier.
ARGENT
Pour les mêmes raisons, l'argent a fidèlement suivi la déroute du capitaine du complexe des métaux précieux et est resté sous 10 dollars l'once, après avoir touché vendredi 8,68 dollars, un niveau plus atteint depuis décembre 2005.
L'once d'argent valait 8,88 dollars vendredi au fixing du soir, contre 9,56 dollars une semaine plus tôt.
PLATINE/PALLADIUM
Les métaux platinoïdes ont fini la semaine solidaires dans la défaite, sous le coup également des liquidations de fonds spéculatifs.
Le platine a touché un plus bas vendredi à 758 dollars l'once, au plus bas depuis novembre 2003.
"Les producteurs de platine sont désormais dans un mode de +survie+" et la banque Credit Suisse a suggéré qu'ils pourraient baisser leur production de 10% pour soutenir les cours, avertissait John Reade.
Le palladium n'a pas repassé la ligne des 200 dollars l'once et a fini la semaine au même niveau que la semaine précédente, où il était tombé vendredi à un plus bas depuis juillet 2003.
L'amélioration de la situation en Afrique du Sud où la production s'était nettement ralentie, et l'affaiblissement des perspectives de demande en raison des difficultés du secteur automobile, ont continué de peser sur les cours.
Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine valait 778 dollars contre 856 dollars vendredi dernier, au fixing du soir.
L'once de palladium valait 168 dollars contre 172 dollars vendredi dernier au fixing du soir.
ds